ABC de l’Economie : Les causes de l’nflation au Malawi


 

Je me suis trompé moi qui pensais que cette pratique était déjà révolue. Je vais être plus spécifique. Vingt-années au paravent, la source principale de l’inflation résidait dans la pratique du « Seigneuriage ». C’est quoi en effet le Seigneuriage ?

Quand l’état utilise son pouvoir discrétionnaire pour imprimer de l’argent en vue de financer ses dépenses, on parlera donc de l’effet de Seigneuriage des dépenses publiques. De nos jours, il sera rare de trouver des états imprimant de l’argent pour financer leurs programmes. Ceux-ci ont le choix entre :

  1. s’endetter auprès des entreprises
  2. financer leurs dépenses par le trésor public
  3. financer leurs programmes par le biais de l’aide international

Le cas du Malawi est unique en ce sens que le pays disposait d’un aide internationale pour financer son déficit budgétaire. Suite cependant à un scandale de dilapidation de ces fonds(Cashgate), en 2013 les donneurs on réduit leur soutiens au pays, poussant l’état à utiliser la méthode du Seigneuriage (imprimer de l’argent pour financer ses dépenses). Comme conséquence, cela a fait gonfler l’inflation a un taux de près de 37%  en fin 2012.

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Une autre source de l’inflation dans ce pays provient de la mauvaise récolte des produits agricole. La reprise de l’inflation qui semblait être sous-contrôle entre 2013 et 2014 a resurgit en 2015 poussant le taux à 24.60%.

 

Conclusion

Le seigneuriage des dépenses publiques en 2012 et la mauvaise récolte du début de l’année 2015 sont les causes de l’inflation au Malawi.

 

@MK Global Economic Consulting

 

 

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ABC de l’économie : taux de chômage, taux de participation du travail : Le cas critique de l’Afrique du Sud.


Dans cette section de l’ABC de l’economie, nous allons traiter du cas critique du chomage et du marché de l’emploie.

Le marché de l’emploi comme tout autre marché décrit la connexion entre l’offre et la demande. Celui qui veut cependant étudier le marché de l’emploi  des pays en développement de la même façon que celui qui est traitée dans les manuels d’économies des pays avancés sera très déçu. Pour preuves visitez les données des institutions internationales sur le chômage concernant les pays en voie de développement et vous pourriez confirmer ce  que je viens de de souligner. Chiffres caduques, colonnes vides soulignant le manque de données.

Avec le temps et la maturité cependant j’ai compris que le marché du travail des pays en développement offre une perspective unique. C’est en effet un marché ou le taux de chômage jeune est très important. Près de 33% dans le Maghreb, et 40% dans l’Afrique au sud du Sahara. En plus du problème de l’emploi jeune, il y a une interaction entre le monde rurale et urbain. Ce modele du marché de l’emploi  dans les pays en développement  a été mis en exergue par Arthur Lewis économiste américain.

Avant d’aller plus loin referons-nous à l’INSEE pour une définition du chomage :

Le chômage représente l’ensemble des personnes de 15 ans et plus, privées d’emploi et en recherchant un.

Apres cette définition passons à ce qu’on appelé communément le taux de chômage. Le taux de chomage est la proportion de chômeurs (personnes de plus de 15ans privées d’emploi et en recherchant) sur l’ensemble de la population active.

Ft=force de travail ensemble de personne en âge et en mesure de travailler

E=part de la population en âge de travailler et ayant un travail.

Ch= part de la population au chômage

Dc= part des travailleurs découragées ne recherchant pas un emploi

Alors

Ft=E+(Ch+Dc)

Partant de cette équation, le nombre de chômeurs dans une economie est la différence entre la force de travail et la population active

zaa

Ch=Ft-E-Dc

Selon cette dernière équation la « seule façon » de réduire le nombre de chômeurs est d’augmenter l’emploi(E). Sur le plan mathématique le taux de chomage est u=Ch/Ft ou encore 1-E/Ft si E/Ft=te (taux de participation) alors

On a la relation                 u= (1-te)

Quelle est la relation entre (te) et (u)?

Afrique du Sud Q3(15) Q2(15) 2003 2008
Taux de chômage (u) 25.50 25.00 31.20 21.50
Taux de partici  ation(te) 58.80 58.10 60.80 53.60

Le taux de chomage le plus élevé en Afrique du Sud a été de 31.5% et cela en 2003. Quand en 2008 le taux de participation atteignait 53.60% le plus faible le taux de chomage lui aussi était  à son niveau le plus bas. Attachons nous aux deuxième(Q2(15)) et troisième trimestre(Q3(15)) de l’année 2015. Quand le taux de chômage passât de  25 à 25.50% le taux de participation augmenta de 58.10 à 58.80. Cette situation provient d’une hausse de travailleurs à la recherche active de travail à 359,000 personnes quand le taux de travailleurs découragés diminuait de 200,000.

En général quand les travailleurs découragés (qui ne sont pas comptés parmi les chômeurs) commencent à chercher activement du travail, ils deviennent automatiquement et officiellement des chômeurs et viennent gonfler le flux de chômeurs déjà existant sur le marché du travail. Cela par conséquent augmente le taux de chomage et le taux de participation.

©Mouno Konan Global economics Consulting

ABC de l’économie : Quand la Banque Centrale baisse a la fois son taux d’intérêt directeur et celui des réserves obligatoires : Le cas du Nigeria


Le marché financier se compose de l’ensemble des institutions bancaires. Celles-ci ont le rôle de pourvoir les ménages en capitaux. Pour les entreprises elles sont le moteur de financement de leurs investissements. A la tête de toutes ses instituions financières, on  a la banque des banques : La Banque Centrale. Elle contrôle la création de la monnaie, aussi bien que l’activité de toutes les institutions financières.   La production intérieure brute(PIB) est l’ensemble des biens et services crées sous la période d’une année. Bon ! Après cette petite introduction, passons à phase suivante.

Seriez-vous intéressé à comprendre la relation entre le marché financier et la Production Intérieure Brute ? Ou encore l’effet d’une hausse/baisse du taux directeurs de la Banque Centrale, du taux de réserve obligatoire  sur la production (l’investissement-L’emploi…).

Nous allons partir d’un fait réel : le 27 Novembre 2015, en vue de lutter contre la récession, la Banque centrale du Nigeria a adopté les points

  • réduction du taux de réserve obligatoire de 25% à 20% et
  • rabais  du taux directeur de 15 à 11%.

Le tableau ci-dessus montre l’évolution trimestrielle de la production intérieure brute du Nigeria entre le dernier trimestre de l’Anne 2014 et les trois derniers trimestres de l’année 2015. Les barres bleus indiquent les données de 2015, lorsque les barres orange sont les valeurs du trimestre passé

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Comme cela se voit la production intérieure  est en chute continuelle. Seulement le dernier trimestre est celui ou le taux actuel a surpassé celui d’antérieur. Selon la définition de la récession (chute consécutive du PIB sur deux trimestres), on peut clairement affirmer que l’économie nigériane était en récession entre Q1(15) et Q2(15). Si nous partons de cette hypothèse, alors il nous faut donc associer la réaction de la banque centrale a ce contexte. En récession, la Banque centrale a l’option d’utiliser la politique monétaire comme instrument de régulation. Elle peut soit

  1. Réduire le taux de réserve obligatoire des banques. Le taux de réserves obligatoire est un certain montant de capitaux que les banques secondaires doivent soumettre à la banque centrale. Quand ce taux est réduit, les banques ont plus de capacité de prêter aux ménages et entreprises, cela va augmenter l’offre de monnaie. Quant au contraire ce taux est relevé les banques ont moins de capacité de faire des prêts aux ménages et entreprises, cela va réduire l’offre de monnaie en circulation.

Dans le cas du Nigeria si la valeur totale des réserves et de par exemple N200Billions avec un taux de 25% de réserve obligatoire, la valeur de monnaie en dans les comptes de banque est de 200*25/100=150Billions de Naira. Lorsque ce taux passe à 20% alors on a 200*20/100=160Billions de Naira. En rabaissant le taux de réserve obligatoire de 25 à 20%, la banque centrale indirectement augment la quantité de monnaie en circulation de 150 à 160Billions.     

L’erreur que beaucoup de gens commettent est d’utiliser les schémas ci-dessous pour expliquer une baisse des taux d’intérêts. Non et non, ce schéma décrit la hausse de la quantité de monnaie en circulation, due à une baisse des taux de réservée obligatoires.

  1. Le deuxième instrument est le taux d’intérêt directeur de la banque centrale. Le taux directeur de la banque centrale est le taux auquel les banques secondaires empruntent des fonds à la banque. Quand la banque centrale baisse ce taux d’intérêt elle facilite l’accès au crédit via les banques secondaires. L’accès au crédit va faciliter un rebond de la consommation, de l’investissement, en d’autre termes la demande globale des biens et services.
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    hausse de la demande de monnaie

    Le tableau ci-dessus emprunté au manuel d’Olivier Blanchard décrit ce qui se passe quand la Banque centrale augmente l’offre de monnaie M à M’. Ce schéma pourrait aussi expliquer la situation du Nigeria. Le point A pourrait représenter l’état de l’économie nigériane. IS représente l’équilibre sur le marché des biens et services. LM représente l’équilibre sur le marché financier.

    Les actions 1) et 2) impliquent une hausse de l’offre de monnaie. La courbe LM se déplace de LM à LM’. La hausse de M implique une hausse de la demande de monnaie M/P a M’/P.  La baisse des taux (d’intérêts et taux de réserves obligatoires) est supposé affecter la croissance économique de Y a Y’. En réalité le passage de Y a Y’ peut prendre des mois et dépend de plusieurs conditions.

    Conclusion :

    La réduction du taux de réserve obligatoire de 25% à 20% et le rabais  du taux directeur de 15 à 11% est  supposée faire rebondir la demande globale (Consommation, Investissement et production).

     

    ©Mounou Konan Global Economic Consulting

Émergence Économique en Afrique au Sud du Sahara : Comprendre la Politique monétaire des Banques centrales.


 

La politique monétaire des pays émergents  est conduite par leurs Banques  Centrales. Celles ci disposent de plusieurs instruments pour Controller leurs économies. Parmi tant d’autres, la manipulation du taux d’intérêt central. Selon la théorie, la banque centrale augmente son taux central quand elle veut réduire l’inflation. Quand l’économie est en état de surchauffe, la banque centrale peut contracter les taux d’intérêts. Cela aura pour conséquence de compresser la demande. Quelles sont les dernières décisions des différentes banques centrales.

la Banque Centrale du Ghana a relevé son taux directeur de 16 à 18%. Quelle sont les conséquences de cette pratique  pour l’économie ghanéenne.

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La hausse des taux d’intérêts aura pour effet de réduire la pression de l’inflation qui actuellement est de 15%. Une chose intéressante cependant est le fait qu’une hausse du taux directeur, indirectement relève le taux d’échange par le biais de l’effet de parité. Selon les propos du Président de la Banque Centrale, la hausse est susciter arrêter la chute vertigineuse du taux d’échange du Cedi.

Comment va la Zambie?

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Comme on peut le constater au mois de Mars 2014, la Banque centrale a augmenté aussi son taux directeur.

On dit quoi dans la zone Franc?

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Dans la zone Franc, le seul pays classifié comme en voie d’émergence est le Sénégal. Ce pays est membre de la zone Franc CFA et donc offre un cas différent car sa politique monétaire est conduite par la BCEAO. Depuis Septembre 2013, le taux directeur de la banque est resté figé à 3.5. La politique monétaire « prudente » de la BCEAO s’accommode avec le faible niveau d’inflation.

Francis Konan

©MK GLOBAL ECONOMIC CONSULTING

 

 

Les pays émergents face à la nouvelle dynamique des transferts internationaux de capitaux


 Image

La situation actuelle des transferts de capitaux entre les différents marchés financiers est une étude de cas appropriée pour les étudiants en economie. Pour comprendre ce qui se  passe, il faut que je fasse un rappelle théorique sur le rôle des taux d’intérêts dans les transferts de capitaux.

Mundel et Flemming  sont deux économistes  qui ont développé cette théorie. Selon eux les « spéculateurs » sont à la recherche de placement  avec des taux d’intérêts élevés. Quand les taux d’intérêts sur les marchés domestiques sont supérieurs à la moyenne des taux internationaux, les investisseurs étrangers sont poussés à investir sur le marchee domestique. Quoi de plus normale, ils veulent tirer profit des fort taux de profit. Sur le marche domestique cependant, avec des taux d’intérêts élevés, les investisseurs nationaux ne sont pas inciter à investir car le cout du capital d’investissement devient cher. De l’autre coté les individus avec une épargne solide se réjouissent car avec des taux d’intérêts élevés, leurs épargnes grossissent.

Application : la Banque Centrale européenne a décidé de maintenir aussi longtemps que possible des taux d’intérêts bas. Les investisseurs européens se réjouissent de cette décision qui va redynamiser les investissements. En Allemagne, les allemands qui  ont une épargne assez solides ne voient pas cette politique de la bonne œil, car des taux d’intérêts bas diminuent la valeur de leurs épargnes. C’est la même chose aux US ou la FED a decide d’injecter dans l’économie américaine de l’argent frais ! Selon la théorie, cette pratique a pour conséquence de faire baisser les taux d’intérêts et donc de conduire aux mêmes résultats que l’Europe. Les épargnants américains sont les perdants pendant que les investisseurs américains sont les gagnants. Regardons de l’autre cote de l’équation  avec les yeux des investisseurs!!

Quand les taux d’intérêts domestiques sont bas, ils préfèrent transferer les avoirs financiers vers les marchés qui ont des taux d’intérêts élevés afin de tirer profit de la hausse de ces taux !

Application : En 1991, les USA en pleine récession voulant redynamiser la croissance économique, la banque centrale américaine à baisser les taux d’intérêts pour donner un “coup de pouce” à la demande globale (investissements et consommation). Face a cette politique monétaire, les investisseurs (spéculateurs) se sont cherchés en Amérique Latine ou les taux d’intérêts n’étaient pas aussi élevés mais beaucoup plus attractifs en matière de profit de long terme et cela a cause d’une forte croissance économique. Entre 1991 et 1992 L’Amérique Latine a connu une hausse d’entrée de capitaux étrangers de 42.5%.

Ce qui se passe de nos jours n’est pas nouveau !  L’économie est une science à répétition a laquelle personne ne prend garde !

Début 2009, la crise économico-financiere bat son plein ! La FED réduit les taux d’intérêts afin de faire rebondir la demande globale, les européens en font autant. Conséquences : les investisseurs à la recherche de haut profit sur leurs placements désertent les marchés américains et européens. Cette fois ci la direction n’est pas l’Amérique mais plus tôt un groupe différencié de pays émergents connus sous l’acronyme BRICS  « pays émergent ». La lune de miel dure prés de cinq ans.  Pendant cette période, des Billions de dollars  et euros vont pleuvoir sur les économies de ces pays et d’autres marchés de frontières. Pour éviter que l’entrée excessive de devises soit source d’inflation, les banques centrale de ces pays ont même a un moment du adopter des politique monétaire contractive passant par une taxation des entrées de devises, seule voit de sortie.

Cette situation est en train de changer depuis que l’Europe a réussi à sauver sa monnaie ! La Grèce et les « autres » sont encore membres de l’euro. Au pays de notre cousin Obama, la croissance économique est en train de reprendre du poil de la bête.  L’indexe de la production industrielle est hausse depuis le début de l’année. Du coup la FED ne voit donc pas l’importance de maintenir des taux d’intérêts pratiquement a « zéro » depuis 2008.  Mai 2013, Bernake annonce son intention d’arrêter d’injecter de l’argent frais dans l’économie américaine. Cela veut dire indirectement que les taux d’intérêts sur les marchés américains vont connaitre une hausse ! Bon je marque une pause ! Si vous m’avez suivi, alors pouvez me dire ou les spéculateurs vont se ruer ?? Pas en Amérique Latine s’il vous plait ! Mais plus tôt aux Etats-Unis, si les fondamentaux de l’économie américaine sont solides  et au pire des cas en Europe. J’espère que vous avez compris ce qui motive les spéculateurs !!

Depuis l’annonce de  ce virement de situation, les pays émergents ont assisté a une sortie extensive de capitaux vers  d’autres marchés plus rentable. Les pays émergents ont enregistré une sortie  consécutive de  quinze mois de sortie de capitaux.  La présidente du Brésil a même qualifié d’injuste,  ce qui se passe ! La seule annonce et même pas la mise en place de cette décision a suffit pour perturber les marchés financiers des BRICS.

Comment les BRICS doivent-ils réagir ?

Faut-il mettre en place des restrictions sur les mouvements de capitaux ?  Le Brésil l’a essayé, ne réussi pas arrêter l’hémorragie ! Faut-il relever les taux d’intérêts pour séduire les investisseurs à un potentiel retour ? Cela est dangereux si la hausse des taux d’intérêts n’a rien à voir avec les fondamentaux de l’économie ! (présence d’une inflation galopante)

Je crois que la décision de la FED ne doit pas créer un vent de panic sur les marchés financiers des pays émergents et marchés de frontières. La FED peut décider a tout moment d’arrêter sa politique monétaire expansion aire, les investisseurs  ne vont pas se ruer tout a coups sur les marchés américains ! Ils vont attendre et avoir une vision claire de l’économie américaine (la consolidation de la dette publique, un chômage toujours élevé).  

Les pays émergents doivent continuer de mettre de l’ordre dans leurs finances publiques à fin d’éviter d’avoir des déficits budgétaires élevés. Le surplus de devises qu’ils ont engrangé pendant les périodes de vaches grasses doit être rigoureusement contrôlé. Ceci est valable pour les pays comme l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde et la Turkie. En un mot la croissance économique  des pays émergents ne devrait pas  dépendre des « sauts d’humeurs » de la FED mais plus tôt considérer les facteurs endogènes comme la consommation domestique, les gains de productivité et les reformes socio-économiques.

Francis Konan

Economiste, diplômé de l’Université Economique de Vienne, Autriche

Konanf48@yahoo.com

 

 

 

Emergence Economique dans la Pauvreté : le cas de la Tanzanie, Ouganda, Rwanda et Kenya


On les appele communément  “les 4 grandes économies des grands lacs”Image. Ces pays sont cités en exemples de forte croissance  économique sur le continent africains  ces vingt derrières années. Le Kenya, la Tanzanie le Rwanda et le Kenya, font partis des pays africains en voie d’émergence.  La relation entre l’émergence de ces pays-là et la présence de la pauvreté sont l’objet de notre.  La croissance économique dans ces pays a-t-elle contribué à réduire la pauvreté multidimensionnelle ou au contraire a-t-elle élargie les clivages de la société ? Nous allons étudier le cas des 4 pays de l’Afrique de l’Est.

Pauvreté2006/2011 IMP   H%   PA% PIB Réel 04-11
Kenya 0.23(1) 47.8(1) 48(1) 4.8(4)
Ouganda 0.367(3) 72.3(3) 39.7(2) 7.6(2)
Rwanda 0.426(4) 80.2(4) 51.2(3) 7.9(1)
Tanzanie 0.37(2) 65.2(2) 44.3(4) 7.0(3)

IMP : Indexe multidimensionnel de la pauvreté, H : Indexe de la pauvreté monétaire

PA : partie de la population vivant dans l’extrême pauvreté, PIB Produit Intérieur Brut. Les chiffres entre parenthèses sont le classement par sujet.

Le tableau ci-dessous nous donne les indications de la répartition de la  pauvreté dans les 4 grands pays  grands lacs. Le Kenya (0.23) a le plus bas taux de pauvreté multidimensionnel(IMP).  Au niveau du taux de croissance, il est vient au bas du tableau avec (4.8%).IL est suivi par l’Ouganda(36) Tanzanie(37). Le Rwanda avec 0.43 est le pays ayant le taux de pauvreté dimensionnel le plus élevé. Paradoxalement c’est le pays ayant le taux de croissance économique moyen (7.9%) le plus élevée entre 2004-2011.

Comment expliquer ces deux résultats contradictoires ? Dans le cas du Kenya, on pourrait avancer la longue phase de croissance économique comme étant la raison d’un faible indice de pauvreté. Le pays a profité des effets de la longue croissance pour asseoir les bases d’une structure sociale solide (Education, santé, infrastructures économiques). La solide nomenclature de l’economie, demeure ainsi un pilier même en face d’un faible taux de croissance. En ce qui  concerne le Rwanda, c’est le contraire.  L’historique de la croissance économique (après le génocide) est récent ! Compte tenu de ce fait, il va falloir du temps pour que la croissance économique ait un effet positif de la réduction de la pauvreté multidimensionnelle.

Quand on prend en compte l’indice de pauvreté monétaire(H), il y a un   fait très  frappant. Sur les 4 des grands lacs, seul le Kenya avec 48% à un taux inferieure a 50%. Dans le cas du Kenya on pourrait imputer cela à l’élargissement de la classe moyenne. Tous les 3 autres pays ont des taux extrêmement élevées : en Ouganda 72% de la population vit avec moins de $1.25 au Rwanda  c’est 80% et en Tanzanie 65%.

Ces trois pays, malgré un taux de croissance économique moyen de 7% ne sont pas parvenus à réduire d’une façon significative la pauvreté multidimensionnelle.  Cette forte ration de pauvreté monétaire, met en exergue un déséquilibre dans la répartition des revenus. La Population vivant dans la pauvreté absolue, tend à être corrélée avec la pauvreté monétaire. C’est pour cette même raison que les pays ayant un taux de pauvreté monétaire ont aussi une forte proportion de la population vivant dans les pauvretés absolues. Cette règle s’applique au Rwanda ou la pauvreté absolue atteint près de 51% de la population. L’Ouganda semble être une exception à la règle. Dans ce pays, la pauvreté monétaire  très élevée, et même supérieure à celle de la Tanzanie cependant la pauvreté absolue est faible aux alentours de 40% et inférieure à celle de la Tanzanie (44%).  La bonne performance de l’economie agricole de l’Ouganda réduit l’intensité de la pauvreté dans ce pays, ou la nutrition n’est pas un factor important dans la pauvreté multidimensionnelle.

La note d’espoir provient du fait que le standard de vie et le niveau de l’éducation, ont faible rôle dans la structure de la pauvreté  dans ces quatre pays. Implicitement l’on pourrait dire que la croissance économique a un effet positif dans ces domaines, surtout que la  collecte des informations a été en effet faite dans les années ou ces pays expérimentaient une forte croissance. Le domaine de la santé surtout infantile a un poids lourd dans l’explication dans la pauvreté multidimensionnelle.

** La pauvreté multidimensionnelle est un concept qui a été développé par des chercheurs anglais de l’université d’Oxford. Ce concept analyse en plus de la pauvreté monétaire, la carence en matière d’éducation de santé et de niveau de vie.

***Les données sur la pauvreté proviennent  de l’OPHI (Oxford Poverty & Human Development Initiative, Oxford Department of International Development). Les données sur les PIB sont tirées du World Economic Outlook April 2012, du FMI

photo: Frank Vogel