Économie : qui a tué la politique fiscale ?


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konanf48@yahoo.com

Rappelons un des principes de la politique monétaire. Le taux d’intérêt nominal est le prix d’équilibre entre l’offre et la demande de monnaie. Plus L’offre de liquidités est élevé, par rapport à la demande, plus les taux d’intérêt nominaux sont faibles. D’où vient alors le surplus de cash? Le surplus de cash est le résultat de la politique monétaire expansionniste qui avait pour but de créer une reprise économique a injecté d’énormes quantités de cash. Cela a aidé aussi longtemps que les économies étaient en récession.Avec un peu de recul, on peut affirmer que les Banques centrales et les gouvernements sont complices dans la mort soudaine de la politique fiscale.

A la fin de la récession, les banques centrales ont continué d’injecter du cash. Comme on le dirait en anglais “Timing” de la fin de cette pratique a été raté. Cette pratique, qui a duré près de 8ans, est entrée dans les moeurs du marché. Tout le monde a fini par s’y habituer, comme conséquence les taux nominaux sont à leur niveau le plus bas. Les banques centrales, n’ayant plus la capacité d’injecter physiquement du cash sur le marché, ne peuvent que manipuler leurs taux d’intérêt directeurs. Souvenez-vous que la banque centrale ne peut pas manipuler à la fois la masse monétaire et les taux d’intérêts.

Devant des taux de croissance moribond, des taux d’intérêts quasi-nuls et une inflation anodine qui est “à la recherche du temps perdu”, certains économistes pensent que la politique monétaire est prise dans le fameux “piège à liquidités”. Cette situation dépeint une économie dans laquelle la politique monétaire de la baisse des taux directeurs devient non effective. Si la politique monétaire semble être non effective pour stimuler la croissance, pourquoi alors “personne” ne mentionne l’utilisation de la politique fiscale?

  1. Le regne absolue de la politique monétaire

Personne ne mentionne l’utilisation de la politique fiscale comme autre alternative pour différentes raisons. Premièrement, il y a l’aveuglement de la politique monétaire. Personne ne semble mentionner la politique fiscale comme une alternative de politique économique parce que les banques centrales se sont donné le monopole dans ce domaine. Aux États Unis d’Amérique, la Fed règne en maître depuis 8 ans en stigmatisant l’information économique, face un congrès pratiquement inactif en matière de politique fiscale. En Europe la Banque centrale fait ce qu’elle peut pour sortir l’euro du marasme économique, la politique fiscale étant l’affaire des Etats. Le mérite va cependant à Mario Draghi qui pendant longtemps se fait l’avocat d’une politique fiscale “accompagnatrice”. Dans un article paru dans notre confrère “Bloomberg” du 9 septembre 2016 ce dernier dans un commentaire sublime mentionne indirectement l’échec de la politique monétaire. Selon ses termes:”Les choses auraient été pires dans la zone euro si la BCE n’avait pas testé les limites de la politique monétaire avec ses taux d’intérêt super – bas sur les achats en cours d’obligations. Pourtant, malgré les efforts de la BCE , la demande est encore trop faible, la croissance est encore trop lente, l’inflation est proche de zéro, et les gouvernements européens ne font rien par rapport à ce sujet. » Son discours aura t-il un effet auprès de Bruxelles?

2.l’incapacité des gouvernements

D’abord, il s’agit de l’incapacité des gouvernements de s’accorder sur unhe politique fiscale appropriée. Aux Etats unis, le Congrès et le Sénat sont profondément divisés et ne sont pas du tout pressés pour passer un nouveau programme de dépenses publiques. La situation politique reste très incertaine » Qui de Trump ou Clinton emménagera à la Maison Blanche ? En Europe, le temps est à la consolidations des dépenses publiques sans que cela puisse créer de résultats palpables. Comme on peut le constater dans le tableau ci-dessous, les Etats européens sont en période d’austérité depuis 2010. En outre, la crise des réfugiés syriens vient encore compliquée les politiques budgétaires de la plupart des pays européens…

3. La peur du retour des déficits budgétaires.

Cette peur, surtout prononcée en Europe, a mis un frein précoce aux politiques de stimulations des dépenses, début 2010. Sur ce point des experts restent encore divisés. Il y a un groupe qui pense que les programmes de stimulation fiscale auraient dû continuer sur une longue période. En d’autres termes la politique économique mixte (monétaire et fiscale) a été de courte durée. Contrairement pour un autre groupe, une longue utilisation de la politique fiscale aurait été source de déficit budgétaire.

En résumé, on peut affirmer avec un peu de recul que les Banques centrales et les gouvernements sont complices dans la mort soudaine de la politique fiscale.

Article parut dans les Afriques:

http://www.lesafriques.com/actualite/economie-qui-a-tue-la-politique-fiscale.html?Itemid=89

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