Economies de Frontières en Afrique au Sud du Sahara et hausse des taux d’intérêts américains : Pourquoi je suis serein et imperturbable !


La Banque centrale des Etats Unis est supposée relever ses taux d’intérêts directeurs si les fondamentaux de son économie remplissent les conditions suivantes:

  1. Un taux d’inflation aux alentours des 2%
  2. Une baisse considérable du taux de chômage.

Dans le passé un telle politique monétaire créa un vaste mouvement de capitaux vers les marchés financiers avancés. En théorie une hausse des taux directeurs de la banque devrait attirer les investisseurs à la recherche de profit sur leurs investissements.

L’expérience a montré que les pays en développement ont  souffert des conséquences d’une telle pratique. Pourquoi ? La raison est simple : les fonds d’investissement qui devaient leur parvenir ont dû changer de direction. En deuxième point, la hausse des taux d’intérêts suscita un hausse du taux de change du dollar, qui par induction augmenta la valeur de leur dette acquis en dollar.

Lorsque la Fed a annoncé un possible hausse des taux d’intérêts en 2013, les pays émergents ont connu une saignée de capitaux dans leurs économies. Le cas des économies de frontières de l’Afrique au sud du Sahara est un peu spécial. Dans cet article nous allons analyser les conséquences d’une hausse des taux directeurs sur ses dernières économies.

Avant de passer aux conséquences, il serait utile de donner une brève définition de la notion d’économies de frontières.

Les économies de frontières sont un sous-groupe de pays qui la différence des pays émergents ont un marché financier pas très volumineux. Ces marches attirent cependant les investisseurs à cause des taux de rentabilité assez important dans le secteur minier, pétrolier et surtout de télécommunication. Une autre caractéristique, est le fait que ces pays ont un taux de croissance économique stable et élevé. Ce taux de croissance est soutenu par une classe moyenne émergeante. Sur le plan économique, les pays de frontières, ont su implanter  des  politiques prudentes de macroéconomique. En Afrique au Sud du Sahara, des exemples d’économies de frontières seraient le Kenya, le Botswana, la Zambie, le Nigeria, le Ghana, la Cote d’Ivoire le Sénégal.

Revenons maintenant à notre analyse de savoir les conséquences d’une hausse des taux d’intérêt de la Fed  sur la dynamique de ces pays.  A cause de leurs structures particulières, une hausse du taux d’intérêts de la Fed ne pourra pas occasionner une fuite importante de capitaux pour quatre raisons :

  1. Les économies de frontières continuent d’avoir une croissance économique soutenue (faible taux d’inflation-déficit budgétaire dans les normes-taux d’échange stables). Cela régénère une confiance de la part des investisseurs étrangers. Les derniers appels de fonds internationaux de quelques économies de frontière ont suscité un réel engouement malgré les menaces de la hausse des taux d’intérêts des taux américains. La Cote d’Ivoire en Février 2015 a placé un appel de fond de1Billions de dollars, elle a fini par récolter au finish 4Billions. Le Kenya lui aussi a connu ne succès important dans ce domaine. Au total selon standard banque, les pays de frontière (Ghana, Kenya, Zambie,) ont récolté un total de 15 Billions de dollars. Les données du tableau ci-dessus démontrent que les investisseurs continuent de placer leurs confiances dans les économies de frontières.
  1. la hausse des taux d’intérêts de la Fed ne se fera pas d’une façon abrupte mais graduellement, ce qui donnera le temps aux économies de frontières d’ajuster leur politique de taux de change à court terme. Cette option est d’autant plus actuelle pour le groupe d’économies de frontières ayant une politique de taux de change flexible. Lors de la fausse alerte de Bernake en 2013, ou la Fed a fait croire qu’elle augmenterait ses taux, les Economies de Frontière(EF) n’avaient pas connu une grande turbulence financière. Certains d’entre eux  ont même profité pour augmenter leur taux de change.  Approche pratiquement impossible dans un taux de régime fixe. Pour la part des pays avec un régime de taux de change fixe (Cote d’Ivoire, Sénégal), la Banque central devrait s’assurer de posséder un stock de devises assez important pour parer à une potentielle fuite de capitaux.
  2. La plus part des EF ont une croissance économique soutenue par une forte demande intérieure. Cela les met à l’abri de chocs externes comme celui d’une hausse probable des taux de la Fed. L’avènement d’une classe moyenne est le moteur de cette demande bouillonnante demande interne. Des experts sont cependant inquiet de ce que une forte demande interne affecte au long terme la balance commerciale ceci par le biais d’une hausse des importations.
  3. une bonne partie des pays frontaliers ont appris les leçons du passé ou pendant les périodes de vache grasse, leurs économies firent de nombreux investissements non rentables qui pour la plus part furent financés par la dette extérieure. Lorsque les taux d’intérêts augmentèrent, ceux-ci se retrouvèrent avec une dette extérieure insoutenable. Cette fois ci les économies de frontières sont plus aptes à faire face à l’action de la Fed, leur investissements en infrastructures ont indirectement contribue à soutenir leur croissance économique.

Les Economies de frontières d’une façon général sont à  court terme   à l « abrie » des conséquences  d’une potentielle hausse des taux d’intérêts américains. La structure  et la distance économique par rapport à Washington sont sans doute un atout. Un expert américain souligne cependant que le danger qui guetterait les économies de frontières proviendrait d’une certaine complaisance  en matière de politique économique. Le Ghana est un exemple palpable : cette économie de frontière qui jadis expérimentaient une croissance économique impressionnante se retrouve avec un déficit jumelé (déficit à la fois du compte courant et budget) suivit d’une dépréciation (perte de valeur) de sa monnaie.

Francis Konan

Économiste, diplômé de l’Université d’Economie et de Gestion de Vienne (Autriche), diplômé de l’Institut des Etudes Avancées de Vienne (Autriche), diplômé de la Faculté des Sciences Economiques & Gestion de l’Université d’Abidjan (Cocody). Fondateur de la KGCG (Konan Global Consulting Group)

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