Taux d’intérêts directeurs de la Banque Centrale Américaine : faut-il Augmenter ou ne pas augmenter ? : Violente question


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La politique monétaire  comme dans  tout  état moderne est sous le contrôle de la Banque centrale. Celle-ci prend les décisions de manipuler les instruments de  la politique monétaire afin de réguler l’économie. Dans cette même ligne, la FED (Banque centrale des Etats Unis) en vue de relancer l’économie avait décidé en 2008 de rabaisser les taux d’intérêts directeurs. Cela était supposer faire rebondir la demande, redynamiser la production et donc par le même biais créer des emplois et réduire le taux de chômage.

Douze années âpres les choses semblent avoir changées. Le taux de chômage est passé de 10.3% à 5.5. La longue récession a fait place à une croissance économique  soutenue. Depuis peu des voix se lèvent pour réclamer la fin d’une politique monétaire qui fait l’avocat des taux d’intérêt très faible. D’un autre coté la FED continue de maintenir sa politique monétaire de faibles taux.

Dans cet article nous allons exposer les raisons qui devraient inciter la FED à augmenter ou ne pas augmenter les taux d’intérêts.

Le Taux d’Inflation

La FED s’est donnée comme objectif de relever les taux d’intérêts si le taux d’inflation atteint la norme fatidique de 2%. Actuellement  ce taux est aux alentours de 1.5%. La hausse des prix du pétrole pourrait projeter à la hausse le taux d’inflation.  Pourrait t-on cependant atteindre les 2% ? Les  choses pourraient se compliquer quand des experts prévoient que 2017 pourrait être l’année ou le taux d’inflation devrait atteindre les 2 %. Faut-il attendre donc 2017 pour voir une hausse des  taux d’intérêts ?

Un autre canal qui pourrait créer une « certaine » inflation serait la hausse des salaires nominaux  par  rapport à la productivité des travailleurs. Cela est possible si les employeurs font face à une demande de biens et service tellement élevée qu’ils n’ont pas de choix que d’augmenter les salaires nominaux pour attirer un excèdent de travailleurs. La dernière fois que cela s’est produit remonte à l’ère Clinton lors de la reprise économique de 2000.

Le Taux de chômage

Si le paramètre du taux d’inflation est facilement quantifiable, le taux de chômage qui pourrait pousser la FED à relever les taux d’intérêts reste silencieux. La banque n’a pas  de chiffre exact. D’une façon vague elle dit attendre de voir que le marché du travail s’améliore.

Voyons un peu comment ce marché  se présente selon les dernières publications du service de l’emploie et de la main d’œuvre(BLS). Les dernières statistiques montrent que le taux de chômage du Mois d’Avril est resté stagnant autour   de 5.5% soit environ 8.5 millions d’Américains.  Certains experts espèrent voir la Banque centrale relever les taux si le taux de chômage passe à 5.1 ou voir même 5%. Pour moi le taux de chômage nationale n’est pas une très bonne mesure de la situation actuelle. Il faut plus tôt mettre l’accent sur la structure de ce taux. C’est la raison pour laquelle le taux de chômage de longue  et de courte durée pourrait être d’une valeur appréciable.

Selon ce tableau, le taux de chômage de courte durée (moins de 5 semaines) est en légère hausse entre Avril 2014 et Avril 2015. Cette hausse pourrait provenir soit d’un excès de nouveaux venus sur le marché de l’emploi et donc par la même occasion d’une incapacité des entreprises de créer de  l’emploi de court terme.   Les signes encourageants proviennent  cependant du chômage de longue durée (entre 5  à plus de 27 semaines). Depuis 2014 le nombre de personnes dans cette catégorie est en baisse majeure, prouvant la fin du soit disant chômage structurel. Par la même occasion cela est un indicateur d’une certaine graduelle reprise economique.  Il n’y a pas de doute la banque centrale pourrait utiliser cette argument pour soutenir une hausse préalable  des taux d’intérêts.

Le PIB ou l’index oublié

Tout au long du débat sur la politique monétaire aux USA l’un des indexe le moins mentionné est le taux de croissance trimestriel du PIB. Selon les dernières publications du département de l’emploi, le PIB a enregistré un déclin de 0.7% au premier trimestre (Janvier-Février-Mars). Cette faiblesse est due à un repli des investissements des non-résidents et une hausse des dollars encourageant une hausse des importations et une baisse des exportations.

Augmenter ou ne pas augmenter

Dans un environnement de croissance économique  déprimée, demander à la Banque Centrale d’augmenter les taux d’intérêts risquerait d’empirer la situation. Le dollar est déjà surévalué et n’a pas besoin d’être propulsée  par une hausse des taux d’intérêt directeurs.  La dynamique du marché du travail à elle seule ne suffit pas pour justifier une hausse des taux d’intérêts, compte tenu du fait que les autres agrégats (taux d’inflation et surtout le taux de croissance du PIB) n’ont pas une bonne mine. Pour moi, il faut attendre que le taux de croissance réaménage dans la zone positive avant de parler d’une  hausse des taux. Je doute  fort que l’économie américaine puisse atteindre les 5% de taux de chômage avant la fin de l’année. Il faut donner du temps au temps pour avoir une image claire de la situation.

Économiste, diplômé de l’Université d’Economie et de Gestion de Vienne (Autriche), diplômé de l’Institut des Etudes Avancées de Vienne (Autriche), diplômé de la Faculté des Sciences Economiques & Gestion de l’Université d’Abidjan (Cocody).

Visiter mon blog https://frkonan.wordpress.com pour tout commentaires

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