Les pays émergents face à la nouvelle dynamique des transferts internationaux de capitaux


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La situation actuelle des transferts de capitaux entre les différents marchés financiers est une étude de cas appropriée pour les étudiants en economie. Pour comprendre ce qui se  passe, il faut que je fasse un rappelle théorique sur le rôle des taux d’intérêts dans les transferts de capitaux.

Mundel et Flemming  sont deux économistes  qui ont développé cette théorie. Selon eux les « spéculateurs » sont à la recherche de placement  avec des taux d’intérêts élevés. Quand les taux d’intérêts sur les marchés domestiques sont supérieurs à la moyenne des taux internationaux, les investisseurs étrangers sont poussés à investir sur le marchee domestique. Quoi de plus normale, ils veulent tirer profit des fort taux de profit. Sur le marche domestique cependant, avec des taux d’intérêts élevés, les investisseurs nationaux ne sont pas inciter à investir car le cout du capital d’investissement devient cher. De l’autre coté les individus avec une épargne solide se réjouissent car avec des taux d’intérêts élevés, leurs épargnes grossissent.

Application : la Banque Centrale européenne a décidé de maintenir aussi longtemps que possible des taux d’intérêts bas. Les investisseurs européens se réjouissent de cette décision qui va redynamiser les investissements. En Allemagne, les allemands qui  ont une épargne assez solides ne voient pas cette politique de la bonne œil, car des taux d’intérêts bas diminuent la valeur de leurs épargnes. C’est la même chose aux US ou la FED a decide d’injecter dans l’économie américaine de l’argent frais ! Selon la théorie, cette pratique a pour conséquence de faire baisser les taux d’intérêts et donc de conduire aux mêmes résultats que l’Europe. Les épargnants américains sont les perdants pendant que les investisseurs américains sont les gagnants. Regardons de l’autre cote de l’équation  avec les yeux des investisseurs!!

Quand les taux d’intérêts domestiques sont bas, ils préfèrent transferer les avoirs financiers vers les marchés qui ont des taux d’intérêts élevés afin de tirer profit de la hausse de ces taux !

Application : En 1991, les USA en pleine récession voulant redynamiser la croissance économique, la banque centrale américaine à baisser les taux d’intérêts pour donner un “coup de pouce” à la demande globale (investissements et consommation). Face a cette politique monétaire, les investisseurs (spéculateurs) se sont cherchés en Amérique Latine ou les taux d’intérêts n’étaient pas aussi élevés mais beaucoup plus attractifs en matière de profit de long terme et cela a cause d’une forte croissance économique. Entre 1991 et 1992 L’Amérique Latine a connu une hausse d’entrée de capitaux étrangers de 42.5%.

Ce qui se passe de nos jours n’est pas nouveau !  L’économie est une science à répétition a laquelle personne ne prend garde !

Début 2009, la crise économico-financiere bat son plein ! La FED réduit les taux d’intérêts afin de faire rebondir la demande globale, les européens en font autant. Conséquences : les investisseurs à la recherche de haut profit sur leurs placements désertent les marchés américains et européens. Cette fois ci la direction n’est pas l’Amérique mais plus tôt un groupe différencié de pays émergents connus sous l’acronyme BRICS  « pays émergent ». La lune de miel dure prés de cinq ans.  Pendant cette période, des Billions de dollars  et euros vont pleuvoir sur les économies de ces pays et d’autres marchés de frontières. Pour éviter que l’entrée excessive de devises soit source d’inflation, les banques centrale de ces pays ont même a un moment du adopter des politique monétaire contractive passant par une taxation des entrées de devises, seule voit de sortie.

Cette situation est en train de changer depuis que l’Europe a réussi à sauver sa monnaie ! La Grèce et les « autres » sont encore membres de l’euro. Au pays de notre cousin Obama, la croissance économique est en train de reprendre du poil de la bête.  L’indexe de la production industrielle est hausse depuis le début de l’année. Du coup la FED ne voit donc pas l’importance de maintenir des taux d’intérêts pratiquement a « zéro » depuis 2008.  Mai 2013, Bernake annonce son intention d’arrêter d’injecter de l’argent frais dans l’économie américaine. Cela veut dire indirectement que les taux d’intérêts sur les marchés américains vont connaitre une hausse ! Bon je marque une pause ! Si vous m’avez suivi, alors pouvez me dire ou les spéculateurs vont se ruer ?? Pas en Amérique Latine s’il vous plait ! Mais plus tôt aux Etats-Unis, si les fondamentaux de l’économie américaine sont solides  et au pire des cas en Europe. J’espère que vous avez compris ce qui motive les spéculateurs !!

Depuis l’annonce de  ce virement de situation, les pays émergents ont assisté a une sortie extensive de capitaux vers  d’autres marchés plus rentable. Les pays émergents ont enregistré une sortie  consécutive de  quinze mois de sortie de capitaux.  La présidente du Brésil a même qualifié d’injuste,  ce qui se passe ! La seule annonce et même pas la mise en place de cette décision a suffit pour perturber les marchés financiers des BRICS.

Comment les BRICS doivent-ils réagir ?

Faut-il mettre en place des restrictions sur les mouvements de capitaux ?  Le Brésil l’a essayé, ne réussi pas arrêter l’hémorragie ! Faut-il relever les taux d’intérêts pour séduire les investisseurs à un potentiel retour ? Cela est dangereux si la hausse des taux d’intérêts n’a rien à voir avec les fondamentaux de l’économie ! (présence d’une inflation galopante)

Je crois que la décision de la FED ne doit pas créer un vent de panic sur les marchés financiers des pays émergents et marchés de frontières. La FED peut décider a tout moment d’arrêter sa politique monétaire expansion aire, les investisseurs  ne vont pas se ruer tout a coups sur les marchés américains ! Ils vont attendre et avoir une vision claire de l’économie américaine (la consolidation de la dette publique, un chômage toujours élevé).  

Les pays émergents doivent continuer de mettre de l’ordre dans leurs finances publiques à fin d’éviter d’avoir des déficits budgétaires élevés. Le surplus de devises qu’ils ont engrangé pendant les périodes de vaches grasses doit être rigoureusement contrôlé. Ceci est valable pour les pays comme l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde et la Turkie. En un mot la croissance économique  des pays émergents ne devrait pas  dépendre des « sauts d’humeurs » de la FED mais plus tôt considérer les facteurs endogènes comme la consommation domestique, les gains de productivité et les reformes socio-économiques.

Francis Konan

Economiste, diplômé de l’Université Economique de Vienne, Autriche

Konanf48@yahoo.com

 

 

 

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