Reprise Economique : Pourquoi le Japon réussit là où la Zone Euro se cherche ?


v\

Image

 

Je me souviens encore de la formule littérale de la reprise économique quand je prenais mes cours d’economie a l’université économique de Vienne(Autriche) : En cas de surchauffe de l’economie il faut réduire la demande globale afin d’éviter que l’inflation s’installe. En cas de récession il faut appliquer la formule opposée cad augmenter la demande globale (état et ménages). Cela, c’est ce que dit la théorie. Une exception pratique a été le cas des pays scandinaves dans les années 80. Ces pays n’expérimentaient en aucun cas une surchauffe mais une récession, au lieu d’appliquer le bon remède ils ont plus tôt choisi des programmes d’austérités qui ont fait rebondir la croissance économique. Les économistes ont désignée cet effet contraire de politique économique par le terme de « paradoxe keynésien ». Ce paradoxe stipule simplement qu’en période de récession un programme d’austérité serait la clef pour la reprise économique !! Suivez mon regard vers la zone euro !

 

Abenomique

 

Aujourd’hui le Japon est en train d’enterrer le paradoxe keynésien, et semer la confusion dans les centres de recherches économiques des institutions internationales. Son premier ministre a opté pour un politique fiscal et monétaire expansionniste comme le traitement d’une dizaine d’années de récessions. Cette « pratique » qui était seulement théoriques dans les manuels d’economie est connue sous le nom de politique économique mixte.  Les économistes cependant de nos jours  lui donne un nouveau de baptême : «  Abenomique » acronyme provenant du nom du premier ministre japonais Shinzo Abe.  Selon la théorie, la politique mixte est supposée faire rebondir la demande globale (la consommation des ménages, les investissements publics). Côté offre globale, la hausse de la demande est supposé se répercuter sur la production, et donc sur l’emploie. La politique monétaire agressive de la Banque Centrale devrait faire  rebondir les investissements privés par le biais de faibles taux directeurs. L’offre excessive du yen sur le marché des changes affecte directement à la baisse la valeur du Yen. Un faible yen, quand à lui devrait redynamiser les exportations du pays et comme ce secteur est le poids lourd de l’economie, cela se répercute totalement sur l’emploie. Cette politique indirecte de dévaluation de sa propre, monnaie crée le mécontentement chez les partenaires économiques. Ils décrient le taux de change manipulé du Yen.  

 

Tableau 1 : Taux de change Yen/Dollar(Bloomberg)

 

Le taux d’échange Yen/USD est passé de 0.010903 en Février à 0.009941 début Mai. La baisse tendancielle du Yen est le résultat de la politique monétaire de nature expansionaire. le taux de chômage est passé de 4.3 en Février à 4.1% au mois de Mars 2013, le plus bas sur les quatre dernières années. Au niveau du taux de l’inflation le Japon a encore beaucoup à faire  pour arrêter la chute des  prix qui dure depuis près de 10ans (désinflation). C’est la raison pour laquelle la politique monétaire agressive de la Banque Centrale du Japon a pour seule objectif de créer une « bonne inflation ». Cette « bonne inflation » est sensée atteindre les 1.9% ici 2015. Actuellement ce taux est de -0.9%.

 

Si le Japon s’en sort avec une politique macroéconomique mixte (stimulus fiscale/monétaire), pourquoi la zone euro reste attachée au principe de l’austérité économique comme solution de sortie de crise ? Si les deux patients souffrent de la même maladie (récession), pourquoi ne pas administrer le même remède ?

 

le cas de la zone euro est de train loin diffèrent de celui du Japon.

 

 

Taux de croissance économique T1

Taux de chômage

inflation

Zone euro

-0.2%

12.1%

1.27%

Japon

2.6%

4.2%

-0.9%

 

T1 (Janvier à Avril 2013)

 

Le tableau ci-dessus, résume la situation des deux zones au premier trimestre 2013. La zone Euro continue d’être en période de récession, quand le Japon quant à lui est en train d’y sortir avec près de 2.7% de croissance au premier trimestre. Le second problème de l’euro est son taux de chômage de 12%. A ce niveau seul l’Allemagne avec ses 5.4% peut « rivaliser » avec le Japon. Le taux d’inflation de la zone euro fait cependant saliver le Japon. Donner au Japon 1.27% d’inflation va produire un festival national !!

 

Pourquoi pas donc une politique fiscale expansionniste dans la zone Euro ?

 

Pour répondre à cette question, il faut comprendre la cause principale de la crise de la crise en Europe. Les pays de la zone sont dans ce chaos que l’on connait à cause de l’endettement de leurs états. Leur longue croissance économique n’a pas été financée par des facteurs endogènes mais un surendettement sur les marchés financiers. Au niveau des ménages, l’accès facile au crédit a aussi contribué au Waterloo. Pour regagner la confiance de leurs créanciers, la zone euro doit prouver qu’elle possède les capacités de  régénérer des revenus supplémentaires. Cela consiste à remettre de l’ordre dans ses finances publiques par des programmes d’austérités. Comme on le dirait dans les rues d’Abidjan : «  pourquoi te donner nouveau crédit si tu ne peux payer ancien crédit » voici le fond du problème ! Le Japon peut se permettre de financer son economie par une hausse des dépenses publiques car la majeure partie de sa dette est détenue par les ménages. Elle n’a pas de compte à rendre aux institutions internationales.  Le linge sale se lavera en famille. A cet effet, le parlement japonais vient en effet d’approuver un budget de 906 Trillions de Yen soit 900 Billions de dollars de dépenses publiques. Ce budget entièrement financé par des bons de trésors publics.  Bruxelles peut aussi en faire autant ? Voici un aussi un aspect du problème. Les pays de l’euro ont utilisé ce genre de financement jusqu’à ce les investisseurs soucieux de la croissance, se montre distant.

 

La politique monétaire

 

La zone euro est un ensemble de pays qui ont transféré leur politique monétaire à la Banque Centrale européenne. Toute injection monétaire doit faire l’approbation des autres membres. Cela n’est pas facile surtout quand on a un pays comme l’Allemagne qui a une peur bleu de l’inflation. La seule option pour la Banque Centrale serait  de contrôler les taux d’intérêts sur les marchés financiers. Depuis près de 3 ans, la Banque Centrale européenne a fait chuter les taux d’intérêts dans l’espoir de voir la demande rebondir.  Cela n’a pas empêchée la récession de continuer  jusqu’à de nos jours.  Sur ce point, les investisseurs allemands commencent à voir d’un mauvais  œil les taux d’intérêts bas comme future obstacle à l’épargne national de leurs concitoyens. L’autre atout que le Japon a et qui manque terriblement a la zone euro est la capacité d’indirectement dévaluer sa monnaie. L’euro n’a pas cette capacité d’être réévaluée ou dévaluée car sa valeur est déterminée sur le marché des changes. La valeur du Yen lui aussi est déterminée sur le marché des changes, cependant une offre excessive de yen provenant de la Banque Centrale produit indirectement une dévaluation de la monnaie. Cette pratique est connue sous le terme de dévaluation compétitive.  

 

 Francis Konan

 

Conseiller éditorial  Les Afriques,

 

 Diplômé de l’Université d’économie et de gestion de Vienne (Autriche), diplômé de l’Institut des études avancées de Vienne (Autriche), diplômé de la Faculté des sciences économiques & gestion de l’université d’Abidjan (Cocody). Pour tous les commentaires suivez mon blog : frkonan.wordpress.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s