Afrique au Sud du Sahara : La Montée Economique des Etats fragiles !


On les désigne sous l’appellation de pays/états fragiles, compte tenu de plusieurs critères définis par les analystes du FMI/Banque Mondiale. Selon ces critères sont donc appelés pays fragiles les pays remplissant ces deux groupes de conditions :

  1. Critères d’ordres Macroéconomiques
  2. Fortes dépendance de leurs produits d’exportations sur leurs économies
  3. Fortes dépendance des APD (Aides Public au Développement)
  4. Faibles croissance économique sur le long terme (taux de croissance des PIB réels et PIB par tête)
  5. Critères d’ordres institutionnels et sociaux
    1. Faiblesse de leurs institutions
    2. Niveau de pauvreté très élevée
    3. Risques de conflits armés et tensions sociales
    4. L’équilibre social des pays en situation post-conflictuels reste très fragile.

En Afrique au Sud du Sahara ces états/pays fragiles sont 14 pays ayant des structures économiques différentes. Pendant que certains d’entre eux sont riches en ressource, d’autres y sont pauvres.  Si vous relisez encore le titre de mon article, vous constaterez qu’il s’agit de la montée économique de ces pays.  Effectivement ces pays dits fragiles ne sont pas si fragiles qu’on le pense. Loin des stéréotypes de guerres civiles, et du disfonctionnement de leurs régimes politiques, ces pays sont en train de connaitre depuis quelques temps un retour de croissance remarquable. D’après mes projections, si l’on leur donne 5 ans de paix sociale et de reformes politique appropriées, la plus part de ces pays  vont surpasser la croissance moyenne des pays à faible revenu.

Pays fragiles    au Sud du Sahara
Burundi Guinée
Centre Afrique Guinée   Bissau
Comores Liberia
Congo Dem Sao   Tome
Cote d’Ivoire Togo
Eritree Zimbabwe
Sierra Leone Mali*
  • Le Mali est le nouveau venu dans le « club »

Dans cet article j’ai décidé de passer en revue ce qui fait la force de ces « derniers de la classe » pour les années 2012-2013.

  1. 1.   Niveau général de la Croissance économique  

Comme on peut facilement le constater selon le tableau, entre 2011 et 2012 le rapport du FMI prévoit un hausse de croissance de 1.6 a 6.6 entre 2011 et 2012 pour les pays fragiles. Le saut est impressionnant et propulsera ces « derniers de la classe » à la deuxième place des meilleurs groupes économique de l’Afrique au sud du Sahara, surclassant ainsi les pays à revenu intermédiaires (Rev Intmd) et ceux à faible revenus.

Les Secrets d’un retour à la croissance  

Quand on considère le PIB par tête entre 2012 et 2013 c’est la première fois depuis près de dix ans que celui des pays fragile sera supérieure (3.7 et 3.1)  à celui de toute l’Afrique au Sud du Sahara (3.2 et 3.0)! Il faut être d’une autre planète pour ne pas réaliser le changement structurel qui a lieu dans le groupe des « 14 derniers ».  Le rapport du FMI a mentionné la fin des conflits sociaux comme étant la principale cause de cette « émergence ».

Principaux Indicateurs Economique entre 2011 et 2013

Taux   d’Inflation Investissements%   du PIB Balancecommerciale%   du PIB Réserves BudgetDéficit%   du PIB
Pays   Fragiles 6.55% 22.35 1.95* 3.1   mois -4.5%
Afrique   au Sud du Sahara 8.55 21 6 4.5   mois -0.6

*          Ce résultat est le produit de mes propres estimations, la Banque Mondiale donne plus tôt une moyenne de 0.95%. Les données du Tableau proviennent du Rapport  d’Avril 2012 du FMI sur la croissance régionale en Afrique au Sud du Sahara.

D’une façon générale, les pays fragiles ont eu des taux d’inflations élevées.  La destruction des structures de production pendant les conflits et remous sociaux ont créé des goulots d’étranglement reflétant une hausse des prix. Entre  2004 et 2011, les pays fragiles ont eu des taux d’inflation nettement supérieur à  ceux de l’Afrique au Sud du Sahara. Pour l’annee 2012 et 2013 le FMI prévoit le taux d’inflation (6.55) des pays fragile en moyenne inférieure à celui de la moyenne régionale (8.55%). Cette baisse de l’inflation est sans doute, le signe d’une stabilité macroéconomique en cours dans les pays fragiles. Quand on prend l’évolution du déficit budgétaire, on remarque que celui des pays fragiles

(-4.5%) serait largement inférieur à la moyenne régionale (-0.6%) entre 2011 et 2013. Les pays fragiles avec les différents appuis de fonds internationaux, ont donc commencé à mettre de l’ordre dans leurs finances publiques.  La Banque mondiale estime qu’un taux d’investissement en dessous de 20% n’est pas optimal pour redémarrer la croissance économique. Entre 2012 et 2013 le taux d’investissement sera de 22.35% quelque peu supérieure à 20%. Cette annee(2012) sera la première fois en 8 ans ou les pays fragiles  dépasseront la norme fatidique des 20%. La reprise des investissements reflète donc les efforts de reconstruction des infrastructures économique déjà en cours. En matière de commerce internationale, les pays fragiles (2.9%) viennent largement en dessous de la norme régionale (6%). Quand l’on compare cependant leurs performances par rapport aux groupes économiques de la sous-région, les pays fragiles sont en 2eme meilleure position après les pays pétroliers. Ce résultat provient du gros poids des pays riches en ressource (Guinée- Sao-Tome &Principe, Zimbabwe, Congo Démocratique) faisant partie des pays fragiles.

Comme on peut le constater les pays fragiles de l’Afrique au Sud du Sahara ont fait d’énormes progrès en matière de la gestion macroéconomique. Il leur reste cependant beaucoup d’efforts à accomplir en vue de réduire les effets pervers liés aux malfonctionement de leurs institutions. Les risques de recrudescence des conflits armés subsistent pour ceux d’entre eux fraichement en sortie de crise. Le niveau de la pauvreté demeure élevé malgré les efforts en cours.

Comme je l’ai dit déjà plus haut, en fonction de leur récent retour à la croissance si les pays fragile sur une période de 5 ans  connaissent une paix sociale, stabilité de leurs instituions, ils pourront constituer une nouvelle page du « succes story » de la sous-région.

Prions Dieu pour que les vieux démons ne se manifestent pas du jour au lendemain. Le cas du Mali est encore là pour témoigner qu’en fait rien n’est acquis d’avance !

Francis Konan, Chargé de Politique Economique au journal « les Afriques »

Économiste, diplômé de l’Université d’économie et de gestion de Vienne (Autriche), diplômé de l’Institut des études avancées de Vienne (Autriche), diplômé de la Faculté des sciences économiques & gestion de l’université d’Abidjan (Cocody).

Pour tous commentaires suivez mon blog, FrancisKonan’s blog

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