Explique-moi… la politique monétaire à adopter quand un pays fraichement sortant de la récession fait face à une inflation importée (hausse des prix du carburant)


Très belle question ! Ce cas est un « classique » de la politique économique. Au-delà des livres d’économies, les économies occidentales ont expérimenté cette situation pendant la crise du pétrole en 70-74. Cette crise a vu le prix du baril de pétrole presque  doubler, créant ainsi une crise énergétique et pour finir une récession. Dernièrement,  on a  connu en 2010 un début de reprise économique, une hausse des prix du pétrole due a une forte demande de la Chine et des pays émergents. Nous allons voir comment les Etats Unis et l’Angleterre ont réagi. Bien avant cela, il faut d’abord poser le cadre théorique de la réponse.

La politique monétaire est un instrument approprié pour lutter non seulement contre la récession mais aussi contre l’inflation. Le problème est cependant le fait que pour lutter contre l’inflation, la Banque centrale doit augmenter les taux d’intérêt. Pour cependant lutter contre la récession, il faut relâcher les taux directeurs de la banque centrale. Quand cependant les deux phénomènes sont présents à la fois dans une economie en sortie de récession, quelle politique économique faudra-t-il adopter ? Faut-il augmenter le taux directeur de la banque centrale pour lutter contre l’inflation ou au contraire faut-il réduire ce même taux pour encourager la croissance et donc l’emploi ?

La réponse dépend de plusieurs paramètres, et surtout de la priorité des autorités monétaires. Prenons le cas des Etats Unis d’Amérique et de l’Angleterre ou ce scenario s’est présenté en 2010. La Banque Centrale Anglaise a préféré lutter contre l’inflation en augmentant légèrement son taux directeur. La logique derrière ceci  est d’éviter que l’inflation ne se transmette en spirale  dans les salaires. Cela pourrait endomager la reprise. Aux Etats Unis, la « Fédéral Reserve » a quand elle décider de ne rien faire. Elle n’a pas changé ses taux directeurs. Cela donne l’impression qu’elle ait opté pour soutenir la reprise économique. Augmenter les taux d’intérêts pour lutter contre l’inflation pendant la reprise économique, aurait le désavantage de freiner la sortie de récession. Pour qui connait la réaction épidermique de Wall Streets vis-a vis d’une quelque conque manipulation du taux directeur, cette pratique aurait provoqué, une panique. Si l’inflation est temporaire et que les autorités estiment que celle-ci va s’évaporer dans un bref délai, alors la position serait de ne pas manipuler les taux d’intérêts (laisser inchangés). Dans le cas où l’inflation semble être permanente, les autorités vont devoir choisir entre défendre la reprise économique ou abaisser le taux  d’inflation. Comme je l’ai déjà dit, la réponse dépendra de tout un lot de paramètres

Conclusion :

  1. L’economie est en sortie de récession, et expérimente une hausse du taux d’inflation surtout importée (hausse du prix du pétrole) la Banque Centrale peut :
    1. Augmenter le taux directeur pour lutter contre l’inflation (Banque Centrale anglaise).  L’inflation est  vue comme un danger pour la reprise économique.
    2. Laisser le taux directeur inchangé. L’inflation n’est pas vue comme un danger permanent pour l’economie surtout si les autorités pensent qu’elle va revenir à son état d’équilibre (l’état antérieur). Si par contre l’inflation commence à gagner des proportions inquiétantes, il faudra alors adopter la position b).
Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s