Les Troubles de l’Euro : Prospérité pas Austérité, je vous en prie !


Depuis la crise de l’euro, les économistes adeptes de Keynes semblent avoir été oubliés dans les analyses et commentaires.Image Un peu humiliés par leurs incapacités et leurs lenteurs dans la résolution de la grande récession. Partout ce sont les analystes financiers qui ont le vent en pourpre. Depuis un certain cependant, les économistes sont de retours.

Aux Etats Unis, sous leur influences, l’administration Obama pour lutter contre la grande récession a mis en place un programme mixe semi Keynésien et semi structurelle. L’aspect structurel avait en vue de réorganiser les pratiques financières des banques et le marché de l’immobilier. L’aspect keynésien avait pour objectif d’augmenter les dépenses publiques en vue de lutter contre la faiblesse de la demande. Cela fut un scandale aux yeux des républicains, qui eux pendant ce temps ne juraient que par une réduction du déficit et de la dette publique. Sous la pression de ceux-ci, la maison blanche y a mis une légère dose de politique contra cyclique à savoir réduire le poids du secteur publique, ou il y avait du superflue.  Si Washington avait cependant écouté le discours d’austérité  tout azimut de l’autre camp, l’Amérique aurait eu un autre visage.

Je me suis permis de faire ce tour d’horizon pour présenter le discours de politique économique qui prévaut dans la gestion de la crise européenne.

Les européens sont à côté du sujet. Au lieu d’encourager la prospérité-croissance économique, ils sont barricadés derrière le mur de l’austérité comme solution à leurs problèmes économiques.  Cette fois ci les choses sont différentes. L’austérité préconisée n’est pas la solution aux problèmes, soulignez la prochaine phrase : La réduction des dépenses publiques et des bénéfices sociaux, dans une période d’après récession, ou le chômage est encore persistent est la meilleure manière de tuer une économie. Pour comprendre cela, nous allons faire un peu de théorie. Les etudiants en science economique vont aimer ce qui va suivre !

Le cas classique keynesien de la lutte contre la recession    

Selon la théorie Keynésienne, pour lutter contre une récession ayant sa source dans la faiblesse de la demande, l’état doit venir en aide au secteur privée soit en augmentant ses dépenses publiques soit en réduisant les taxes. Par un effet de multiplicateur cette politique a pour but d’augmenter les revenus disponibles et  donc de créer une demande additionnelle. Au niveau de la production, la réduction des charges fiscales, devrait encourager la production des entreprises. Si la politique monétaire concordante (réduction du taux d’intérêt de la banque centrale) est appliquée,  vous avez  la recette du succès  d’un programme de stimulation économique. Entre  2008 et 2019, toutes les économies occidentales vont adopter cette politique économique, pour combattre la grande récession. Tenez-vous bien même la Chine s’est vu aussi obligée d’adopter ce genre de programme économique. L’Amérique a réussi à l’implanter avant que la droite républicaine n’ait la majorité  à l’assemblée.

La croissance avortée 

En Europe, même si le programme de nature keynésien a été fait en désordre (par manque d’une politique fiscale commune) cela avait commencé à porter du fruit. Sous la pression  cependant des régimes d’extrêmes droite, les voix avaient commencé à  demander  que la politique fiscal expansionaire soit réduite au minimum. Le danger avait été senti par le FMI de par la voix d’Olivier Blanchard qui avait mis en garde les pays contre cette pratique harzadeuse. Il fallait laisser selon le FMI le multiplicateur de la politique fiscale  jouer son effet sur l’economie. Adopter une politique d’austérité alors que l’economie était en sortie de récession était suicidaire.

Entre 2009, la crise de la dette émerge en Italie, Espagne, Irlande-Portugal-Espagne et en Grèce. Pour pourvoir leur venir en aide et éviter le default, la communauté internationale y compris bizarrement le FMI demande à ces pays d’adopter des mesures économiques qui sont totalement contra cyclique à savoir :

  1. Réduction des déficits publics
  2. Hausse des taxes
  3. Réduction des bénéfices publics

La fausse logique derrière ces mesures est la suivante : Pour pourvoir avoir accès encore sur le marché de la dette publique, il faut prouver que l’on est en mesure de payer les dettes à venir et cela est possible si les états et les ménages sont capables d’engranger des revenus, chose seulement possible si il y a croissance. Comment peut-il avoir croissance si celle-ci meurt dans l’œuf ?  Le programme de l’austérité en lui-même n’est pas érigé vers la croissance mais vers l’acquisition de nouvelles dettes pour financer la croissance si croissance il y a ! Depuis un moment des voix sont en train de se faire entendre pour mettre en priorité  d’abord un programme de sauvetage de l’economie et ensuite celui du remboursement de la dette : deux recettes bien différentes

 Grèce 2009 2010 2011 2012
Taux de croissance du PIB réel -3.3 -3.5 -5.5 -2.8
Aide Internationale (Billions euro) 110 130
Dette Nationale % du PIB 129% 145% 163% ????

Le Portugal a essayé la deuxième recette.  L’austérité économique a été pratiquée de 2009 à 2011. Comme résultat, cela n’a pas créé une certaine croissance économique, au contraire l’economie à continuer de se « souffrir » de la récession.

Pour revenir à la Grèce, il est bon de rappeler que déjà en 2010 le pays a reçu une aide de 110 billions d’euro et avait promis d’entreprendre son programme d’austérité. Cela  a été fait mais pas suffisant pour prévenir encore une autre aide cette annee de 130 billions.  Le dicton le dit jamais 203 (deux sans trois), attendons donc pour voir comment la Grèce va gérer tout cela.

Francis Konan : Diplômé de l’Université d’économie et de gestion de Vienne (Autriche), diplômé de l’Institut des études avancées de Vienne (Autriche), diplômé de la Faculté des sciences économiques.

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