Etats Unis : Transformer le taux de chômage 9 à 6%, un véritable exercice de patience !


Officiellement selon le NBER, la récession qui a commencé en Décembre 2007 aux Etats-Unis a pris fin en Juin 2009. Proclamez cette conclusion au public américain, et il vous pointera du doigt  le chiffre douloureux du taux de chômage qui est 9.6%. Pour l’américain de la rue, la fin de la récession signifie réduction du chômage, quand le voisin d’à coté est embauché, dans une ancienne usine, la mère de famille décroche un boulot de caissière dans le super marché de la place, le constructeur en immobilier se voit submerger de contrat qu’il ne peut que faire appel à une main d’œuvre supplémentaire.

La réalité est autre chose ! Malgré la fin de la récession, le taux de chômage reste élevé ! La mauvaise nouvelle c’est que ce taux a encore du chemin à parcourir avant de s’évader lentement. L’économie américaine doit commencer donc à s’habituer à cette nouvelle atmosphère. Transformer donc  le taux de chômage de  9  à  6%,  peut prendre du temps et je vous explique le pourquoi.

  1. 1.                  La demande des ménages reste encore fébrile

La récession qui vient de prendre fin a été la plus longue (18 mois) et la plus sévère de mémoire d’américain.  La demande des ménages au bout de compte reste fébrile, et a du mal à rebondir avec un indexe de confidence des consommateurs (Reuters/Université de Michigan) chutant  de 68.9 à  66.6 niveau le plus bas depuis le mois d’Aout 2009.   Devant cette situation les entreprises ne sont pressées d’augmenter leurs productions. Dans le pire des cas celles-ci vont même a réduire la production et donc remercier des travailleurs.  Si cette dynamique continue, à  la fin c’est le taux de chômage qui augmente.  Celui-ci peut commencer à diminuer si et seulement si les employeurs anticipent une reprise économique à l’horizon. C’est  donc  l’autre moitié du puzzle à savoir comment les entreprises anticipent le lendemain économique ? Je dirais donc aussi longtemps que les consommateurs ne veulent et ne peuvent pas dépenser et que les entreprises ne veulent pas à leurs tours produire et donc engager de la main-d’œuvre, transformer le taux de chômage de 9 à 6% serait un véritable exercice de patience.

  1. Le Chômage volontairement involontaire

Dans un environnement de taux de chômage trope élevé, les agents économiques sans emplois ont tendance à ne pas être à actif à rechercher du travail aussi longtemps que les programmes d’aide au chômage suppléent la perte de leurs revenus disponibles. C’est la raison pour laquelle beaucoup de ménages américains préfèrent faire peu d’effort  et jouir des bénéfices des allocations de chômages.  La seule chose qui pourrait changer cette  dynamique, serait de voir les entreprises montrer leur  désir de proposer des salaries nettement supérieurs à ce que le ménage moyen au chômage reçoit des allocations d’aides. Cela est possible si les entreprises font face à une hausse de la demande de biens et services des agents économiques. La triste réalité est le fait que  les employeurs américains ne sont pas donc pressés d’augmenter les salaires, quand devant eux il n’y a pas de pénurie mais plus tôt un nombre élevés de travailleurs  qui sont en compétition pour peux de positions.  Nous revenons donc à la case de départ  à savoir que le taux de chômage reste élevé aux Etats-Unis parce que la production intérieure doit s’aligner a une faible demande des consommateurs.

  1. 3.                 La hausse de la productivité de la main d’ouvre

La productivité est la part de la production nationale allouée a une certaine main d’ouvre.  Elle est élevée quand peu de travailleurs arrivent à produire une quantité assez importante de biens & service. Au contraire elle est faible si une forte quantité de main-d’œuvre produit une faible quantité de biens. La « fin de la récession » a été possible grâce  à une hausse de la productivité qui est passé de 1.1 en 2008 à 3.5% en 2009. En effet pendant que le taux de chômage restait élevé, la productivité du travail ne cessait de croitre à chaque trimestre à un rythme assez élevée évitant  l’économie de la zone de rouge. Qu’est ce que cela  voir le taux de chômage ? Voila la hausse de la productivité aux Etats –Unis incite moins les entreprises à engager quand elles savent que les 90% de la main peuvent maintenir le « destin » de la nation pour une période prolongée. C’est la raison pour laquelle, il est très probable que nous assistions pour un temps à une reprise économique pauvre en emplois.   

  1. 4.                 Faible taux de croissance

 Le taux de chômage élevé risque de s’installer pour longtemps dans l’économie américaine parce que tout simplement cette dernière ne croit pas assez rapidement pour créer plus d’emplois. Mes inquiétudes sont fondées ! Tenez vous bien, le taux de croissance du PIB réel du dernier trimestre  2009 a été de 5%, quand au premier et deuxième trimestre 2010 il se logea respectivement  aux alentours de 3.7 à 1.7%. On n’a pas besoin d’étudier l’astronomie pour conclure que l’économie américaine croit à un rythme décroissant.  Pour voir donc cette économie créer des emplois, il va falloir que le taux de croissance du PIB réel soit supérieur à celui de la productivité du travail.

  1. 5.                 Atmosphère de propagande « extrémiste »

Pour ceux qui savent lire la vie sociale au Etats-Unis, il y a sujet d’évoquer une atmosphère d’insécurité économique totale. Les chefs d’entreprises se replient sur eux même et préfèrent  attendre de voir plus claire sur l’avenir économique du pays. Les consommateurs sont de plus en plus sages dans leurs dépenses, étranglant indirectement une économie qui jadis ne jurait que par leurs « cash & carte de crédits ». Les banques qui sont renflouées de cash, hésitent  d’augmenter les emprunts pour financer les investissements. Les principaux partis politique assistent impuissamment à la montée du « Tee Party Movement »  force de mobilisation de l’extrême droite. Leurs medias d’opinions bombardent les auditeurs de messages politiques faisant croire qu’avec un fils de kenyan à la maison blanche, le pays part à la perdition. Au bout du compte c’est un consommateur aigri, un investisseur apeuré et donc une demande fragile que l’on crée.  Dans cette atmosphère morose transformer le taux de chômage de 9 à 6 % requiert une révolution structurelle de l’économie américaine.

Francis Konan

 Économiste, diplômé de l’Université d’Economie et de Gestion de Vienne (Autriche), diplômé de l’Institut des Etudes Avancées de Vienne (Autriche), diplômé de la Faculté des Sciences Economiques & Gestion de l’Université d’Abidjan (Cocody)

Pour tous les commentaires, visiter mon blog  https://frkonan.wordpress.com/

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